La ferme Blessing Valley de Loumbila : un modèle d’agriculture intégrée encore rare au Burkina Faso
Située à Loumbila, à une quinzaine de kilomètres de Ouagadougou, la ferme Blessing Valley s’impose comme un exemple particulier dans le paysage agricole burkinabè. Sur ce site, élevage et cultures sont associés dans un même système de production, une approche encore peu répandue dans le pays.
À l’entrée de la ferme, un dispositif de désinfection est imposé à chaque visiteur. Cette mesure vise à limiter les risques de contamination, notamment dans les zones d’élevage. L’ambiance est relativement calme, rythmée par les bruits des volailles dans les enclos.
L’élevage au cœur du système
L’élevage constitue l’une des principales activités du site. Des poules pondeuses sont élevées en grand nombre dans des espaces aménagés. À proximité, une salle équipée de couveuses permet l’incubation des œufs dans des conditions contrôlées. Dans une autre pièce, plusieurs centaines de poussins sont maintenus à température élevée afin de réduire leur vulnérabilité face au froid.
« Nous gardons les poussins dans une pièce chaude pour éviter qu’ils ne meurent à cause de la fraîcheur. Ils sont encore très fragiles », explique un agent de la ferme.
Une agriculture diversifiée
Au-delà de l’élevage, la ferme développe également des activités agricoles diversifiées. Des vergers composés d’orangers, de manguiers, de papayers et de goyaviers s’étendent sur une partie du domaine. Ces cultures participent à la production alimentaire et à la commercialisation des fruits.
D’autres espèces animales sont également élevées sur le site. Des pintades et des dindons évoluent dans des enclos, tandis que des bœufs et des chèvres sont élevés à proximité. L’ensemble fonctionne selon un principe intégré : les déchets organiques issus de l’élevage, notamment le fumier, sont utilisés comme engrais naturel pour les cultures.
Le fonctionnement de la ferme repose en grande partie sur le travail des employés, majoritairement des femmes. Elles interviennent dans l’entretien des animaux comme dans les activités agricoles.
« Nous commençons le travail à 6h du matin et terminons à 17h. Je suis contente de travailler ici », confie Mme Bonkougou Germaine, employée de la ferme.
Au Burkina Faso, l’agriculture demeure le socle de l’économie nationale. Elle emploie environ 82 % de la population active et contribue à près de 35 % du produit intérieur brut, selon les données du ministère de l’Agriculture et de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD).
Malgré les défis, le secteur affiche une certaine résilience, avec une croissance de 5,7 % enregistrée en 2024. La production céréalière, estimée à plus de 6 millions de tonnes pour la campagne 2024-2025, témoigne de cette dynamique.
Dans ce contexte, les exploitations agricoles restent majoritairement traditionnelles et peu diversifiées, ce qui rend encore rares les modèles intégrés comme celui de la ferme Blessing Valley.
Cette exploitation illustre une alternative aux modèles agricoles classiques.En combinant élevage et cultures sur un même site, elle propose un modèle plus autonome et potentiellement plus durable. Reste à savoir si ce type d’initiative pourra être reproduit à plus grande échelle, dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer durablement sa souveraineté alimentaire
Voir le reportage complet
✍🏿Malika Yasmine KABORE



Commentaires
Enregistrer un commentaire