Utilisation du téléphone : Quand l’excès nuit à la santé mentale des jeunes Ouagalais

A Ouagadougou, le téléphone est devenu un compagnon omniprésent dans le quotidien des jeunes. Selon le rapport Burkina Faso Digital Report 2025, le smartphone est l'outil principal d'accès au savoir et au divertissement pour les 15-29 ans. Réseaux sociaux, jeux, messages occupent une place centrale dans leurs habitudes. Si le téléphone facilite la communication et l’accès à l’information, son usage excessif suscite de vives inquiétudes, notamment en ce qui concerne la santé mentale des jeunes.

Dans la capitale du Burkina Faso, il n’est pas rare de voir des jeunes passer plusieurs heures par jour, les yeux rivés sur leurs écrans, que ce soit à la maison, à l’école ou dans les espaces publics. Selon un rapport publié en 2023 par Data Sparkle, une plateforme de données et d'analyse pour les marchés émergents, les jeunes Africains notamment Ouagalais passent en moyenne plus de 04 heures par jour sur internet, principalement via le téléphone mobile. Une tendance qui s’explique dans les milieux urbains comme Ouagadougou par l’accès aux smartphones et à la connexion internet de plus en plus facile.


Chez de nombreux jeunes, l’utilisation du téléphone commence dès le réveil. « Je passe beaucoup de temps sur tiktok, quand je me réveille le matin ; la première chose que je fais c’est de prendre mon téléphone et activé les données mobiles, c’est devenu comme un réflexe pour moi », déclare Madjid Sawadogo, élève âgé de 15 ans en classe de 2nde. Cette pratique s’explique selon les spécialistes par plusieurs facteurs : le besoin de rester connecter, l’ennui, mais aussi l’attrait des contenus proposés par les réseaux sociaux, souvent conçu pour capter l’attention sur de longues durées.


Des conséquences visibles sur la santé mentale

Cependant, cette utilisation excessive n’est pas sans conséquences sur la santé mentale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un temps excessif passé devant les écrans est associé à des troubles du sommeil, à une augmentation du stress et à des symptômes d’anxiété en particulier chez les jeunes. Certains parents observent ces effets au quotidien : « mon fils dort peu. Souvent quand je me réveille tard dans la nuit pour boire de l’eau aux environs de 2h ou 3h, j’aperçois la luminosité de son téléphone depuis sa chambre. Pendant la période scolaire je lui retire le téléphone, mais pendant les vacances, je le laisse faire puisqu’il n’a pas cours le lendemain », confie Mme Adjara Nanema, une mère de famille.


Pour Dr Nathalie Ouédraogo/Bado, psychologue exerçant à Ouagadougou, l’exposition prolongée aux écrans perturbe les rythmes biologiques des jeunes et favorise une forme de dépendance numérique. « Le cerveau des adolescents est encore en développement. L’usage excessif du téléphone peut provoquer une surstimulation, entrainant stress, anxiété et parfois repli de soi », explique-t-elle. 


Face à cette situation, des pistes de solution commencent à émerger. Les spécialistes recommandent un encadrement plus strict du temps d’écran, notamment chez les adolescents, ainsi qu’une sensibilisation des parents aux risques liés à l’usage excessif du téléphone. Encourager les activités physiques, les échanges en famille et les moments de déconnexion apparaissent également comme une nécessité pour préserver l’équilibre mental des jeunes. 


Trouver l’équilibre à l’ère du numérique

L’utilisation raisonnable du téléphone n’est pas en soi un problème, mais son usage abusif pose un véritable défi de santé mentale chez les jeunes de Ouagadougou. A l’heure ou le numérique s’impose comme un outil incontournable, la question n’est plus de se déconnecter totalement mais de trouver un équilibre capable de préserver le bien être psychologique de la jeunesse ouagalaise.


✍🏿Malika Yasmine KABORE 




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